27 avril 2012
Les Productions Arreuh à Lire Montréal
G - Lectures croisées d’un bâtiment : à la découverte de l’École nationale de cirque, racontée par son architecte même, par une poète et par les élèves de l’ENC, par la Maison de l’architecture du Québec, les Productions Arreuh et l’École nationale de cirque
2 départs : 13h (se présenter à 12h50) et 14h (se présenter à 13h50) . Durée de la visite : 50 min. Démonstration de cirque : de 14 h à 14h30, simultanée pour les deux groupes.
Point de départ : École nationale de cirque (ENC), 8181, 2e Avenue (bus 94, 192, 193)
Comment «lire» le bâtiment de l’École nationale de cirque, fleuron de l’architecture contemporaine à Montréal, plusieurs fois primé ici et ailleurs? Suivez la visite qui vous est offerte dans les dédales de ses locaux, en compagnie de l’un de ses architectes même, Frédéric Dubé de Lapointe Magne et associés, et de la poète Catherine Cormier-Larose! Une lecture de l’architecture à double langage et à double voix, que complète une démonstration des jongleurs, clowns et acrobates, usagers quotidiens du lieu.
Informations, MAQ : 514 868-6691 www.maisondelarchitecture.ca
À ne pas manquer: l’exposition Monographie MAQ02 : Lapointe Magne et associés vus par Marie-Paule Macdonald – Dialogues avec la ville en transformation, actuellement à la Maison de l’architecture du Québec.
Crédit : Michel Brunelle
REVUE DE PRESSE
ET SI LES MURS POUVAIENT PARLER... Le devoir, par Jérôme Delgado, vendredi 27 avril
http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/348526/et-si-les-murs-pouvaient-parler
23 avril 2012
Je ne pensais pas que ça arriverait, mais oui. J'ai accepté de faire partie d'une soirée de SLAM, mais une slamsession -donc 3 minutes, sans accessoire, des textes originaux mais sans les notes- avec trois filles extraordinaires: Marie-Paule Grimaldi, Véronique Bachand et Isabelle St-Pierre. On espère retourner à quelque chose de plus près de l'idée de départ qu'il y a déjà eu derrière le slam québécois, quelque chose qui vient du fond, de la rage, du cri peut-être. J'y lirai un texte qui a pour titre "La résistance fait des bleus sur la peau", qui est maintenant d'occasion, n'est-ce pas?
Ce soir! Aux Écuries! Dès 20 heures !
Aux Écuries, 7785, rue Chabot, métro Fabre
12 mars 2012
11 mars 2012
Les noms des prix au 3e gala de l'Académie, CE SOIR!!!!!!!
Cette année, on trouve qu'on t'a déjà pas mal gâté parce que tu connais déjà tous les lauréats. Question de garder un peu de suspense pour le gala, nous avons décidé de ne dévoiler les noms des prix que le soir du gala. Ce soir, oui, oui, oui, oui. En attendant, oublie pas de nous aimer là: http://www.facebook.com/events/327139197330354/
Pis ben, Mathieu Arsenault y'en n'aura toujours pas de prix cette année, ben non. Y donne des raisons sur Doctorak, go! (voir http://doctorak-go.blogspot.com/2012/03/les-noms-des-prix-au-3e-gala-de.html, clique pas, copie-colle-le, c'est tellement plus physique!) Non, c'est pas pour ça qu'y'en n'aura pas, de prix. Moi j'suis d'accord, c'est un building qu'y mérite, Mathieu Arsenault! Après le théâtre, c'est la tévé qui va encenser saviesonoeuvre, ça va être beau mais on pleurera pas, okay? Pis! Câlisse, faudra dire à Arsenault que ça doit faire ben longtemps qu'on s'est pas conté nos vies au Ch'val. Moi qui bitche les littérateux c'est TELLEMENT 2011!!! Astheure j'ai appris une vérité universelle, première, essentielle (pis NOFX le chantait si ben sur S&M Airlines de l'époque de quand j'avais 15 ans que jamais j'créré, j'aurais ben dû m'en rappeler): People suck. Mais ça, c'est le début de la sagesse, du laisser-aller, du je-m'en-foutisme... L'important, au fond, c'est que tu donnes des prix. Tsé, des vrais de vrais prix. Qui suckent pas. Pour célébrer. Lève-toi le matin pis donne des prix. Pense pas à toi dans le rayon de soleil, Sophie Calle entre tes mains, qui dis que t'es fier de moi avec des osties de yeux dans 'graisse de bine. Pense pas à toi en-dessous du puits de lumière qui jouit. Nah, les prix, c'est toute ce qu'il y a. Occupe-toé, viarge, éduque-toé: donne des prix. Texte pas. Donne des prix. Essuie-toé, varge, câlisse-moi des prix par la tête. Ostie que c'est beau pis que j'suis contente d'être là.
Pis toi aussi tu vas être joyeux, mon coeur, parce que toi aussi tu vas être là: Club Lambi. 11 mars (oui, oui, tantôt), portes 19 heures, Gala 20 heures. Propofol. Duo Camaro. Des lauréats plein tes yeux, facque. Pleure pas. Du ben beau monde. Qui suckent pas, eux-autres non plus. J'te l'dis: c'est les exceptions. On leur a donné, choisi, fabriqué, inventé des ben beaux prix. Tu vas les aimer, okay?
Pis oublie pas de v'nir te présenter. Pis m'dire que toissi t'es l'exception. J't'attends, là, m'a être la fille sul stage a'ec la robe bleue marine bateau pis le taj mahal reproduit pleins de fois en doré dessus.
10 mars 2012
Roger Des Roches, Le nouveau temps du verbe être
Comme toute grande poésie, celle de Des Roches met ici en place un dispositif langagier qui vient répondre à une question. La sienne est très étrange en apparence: comment prendre le concept de Transsubstantiation (la transformation « réelle » du pain et du vin en corps du Christ dans l'Eucharistie) et le faire délirer, le démocratiser, le libérer de son carcan religieux. Ici, tous les corps peuvent devenir tous les autres non seulement métaphoriquement, mais réellement, dans ce réel langagier qui constitue le fondement de toutes les réalités subjectives et auquel la poésie a un accès privilégié. À première vue, le livre de Des Roches peut paraître intempestif, mais il rappelle cette lourde responsabilité historique que la poésie a envers la Liberté et que les poètes plus jeunes ont malheureusement tendance à oublier.
Roger Des Roches, Le nouveau temps du verbe être, Les Herbes rouges, 2011
Gillian Sze, The Anatomy of Clay
Lire Gillian Sze, c’est entrer avec elle où elle va, on se promène dans une domesticité de cafés et de tiroirs remplis. Tendrement, on se rattache aux chauffeurs de taxi, aux vieilles lettres d’amour qui ne veulent plus rien dire, aux tasses tachées dans l’évier. Des images fantastiques tirées des films et des mythes, on ne garde que ce qui existe, l’ordinaire, le monde qui se noie dans le fond des gorges... L’idée d’un mensonge traverse le livre, se promène au creux des vagues, chaque fois il nous touche mais ne nous prend pas. Partout dans The Anatomy Of Clay, il y a cette protection qu’amène le quotidien, un îlot, chaque soir on se borde soi-même, dans une tristesse ambiante mais qui refuse les regrets. Voici un recueil qui nous laisse, nous et nos os, magnifiquement brisés. (texte: Catherine Cormier-Larose)
Gillian Sze, The Anatomy of Clay, ECW Press, 2011.
Mark Ambrose Harris, Beautiful Books
Les premières expériences érotiques arrivent dans l'environnement domestique. Pour ces petits enfants chétifs écrasés par l'angoisse et la timidité, par l'inquiétude d'être inadéquat à toutes les brutalités que peuvent offrir la fratrie des cousins ou de la cour d'école, ces expériences se produisent parfois tout seuls, devant un livre. Un livre de contes, un roman, un livre de photos. Prendre le livre, fixer la page, sentir pour la première véritable fois cette érection si forte qu'elle en fait presque mal. Replacer le livre, puis retourner le reprendre, fixer la page, détailler la scène, le replacer encore sans laisser de trace. Beautiful books ne compte peut-être que dix pages, il arrive parfaitement à saisir ce souvenir intime et parfois honteux que partagent tant d'intellectuels.
Devant ces livres, nous étions peut-être plus libres que ne le seront jamais les enfants d'aujourd'hui qui devant l'ordinateur laissent des traces et s'offrent à la culpabilité et à la honte lorsque le regard parental découvrira l'historique de recherche.
Mark Ambrose Harris, Beautiful Books, Ribbon Pig Vol. 1, 2011
Caro Caron et Christine Redfern, Qui est Ana Mendieta?
Les dessins de Caro Caron ne font pas qu'illustrer le récit polémique de Christine Redfern: ils construisent un véritable système d'annotations qui permettent de faire sentir l'indignation que peut susciter la mort suspecte d'Ana Mendieta. Les figures de femmes enluminent le récit principal et forment comme des notes de bas de page qui enrichissent le texte de sensations plutôt que de références et arrivent à nous faire prendre ce pas de côté de moins en moins évident qui fait apparaître à quel point le paternalisme et le sexisme ordinaires sont scandaleux. Le style de Caro Caron institue une atmosphère de cauchemar carnavalesque finalement beaucoup plus adéquat au réel que la réalité elle-même, filtrée par une idéologie que nous sommes le plus souvent incapables d’épingler.
Caro Caron et Christine Redfern, Qui est Ana Mendieta, Éditions du Remue-Ménage, 2011
9 mars 2012
La collection "Inauditus", représentée par John Prosac
La revue anarchiste La bombe de 1909, comme Le Philtre bleu, roman décadent de 1924 qui rappelle Octave Mirbeau, contrastent tellement avec le récit institutionnel de la Grande Noirceur qu’ils donnent à imaginer une histoire secrète du 20e siècle québécois, une histoire des idées qui ne serait pas collective, mais uniquement faite d’une multiplicité d’expérimentations marginales, avec laquelle on ne peut que se sentir solidaire aujourd’hui, maintenant que les intellectuels comme les artistes n’arrivent plus à reconnaître dans l’image conservatrice que la majorité québécoise se donne d’elle-même. L’entreprise de réédition de la collection Inauditus constitue peut-être pour cette raison un des plus solides accomplissements de la pensée dépressionniste d’où elle est issue.
La collection "Inauditus", représentée par John Prosac
Naomi Fontaine, Kuessipan
Mathieu Arsenault écrit: Pas de récit, pas d’intrigue. Parce que l'écriture de Naomi Fontaine, derrière son calme apparent, résiste d’une manière acharnée. Elle résiste à la tentation du trash qu’elle observe pourtant de très près. Les caisses de 24, les pilules d'ecstasy, les maisons laissées à l'abandon sont comme des bêtes qui rôdent autour des enfants insouciants. Elle résiste aussi à la tentation de se replier complètement sur la nostalgie du bois, de la chasse, de la vie nomade. Kuessipan essaie plutôt par son écriture fragmentée de rapiécer un espace où l'avenir redevient possible pour les Innus, en rassemblant une à une des images que font tenir ensemble les figures de la mère et de l’enfant, qui portent sur leurs épaules le poids de tous les récits à venir.
Oui, un travail de colle rare, de faire tenir ensemble, de ne pas bouger, de rétention. De castastrophes évitées. Le respir ne revient que bien après la fin de la lecture.
Naomi Fontaine, Kuessipan, Mémoire d'encrier, 2011
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